Les programmes d'admission équitables dans les universités sont-ils nécessaires?
XavierImaginez un instant une société où chaque porte s'ouvre uniquement pour ceux qui ont toujours eu les clés en main. C'est exactement ce que nous perpétuons si nous refusons de corriger les injustices du passé. Les programmes d'admission équitables ne sont pas une faveur - ils sont une réparation nécessaire. Ils disent à ceux qui ont été exclus pendant des générations : "Vous aussi, vous avez droit à l'éducation." Comment peut-on prétendre bâtir une société juste quand on ignore les obstacles systémiques qui continuent d'exister? Ces programmes ne créent pas de nouvelles inégalités; ils réparent celles qui persistent depuis trop longtemps.
MoniaAh, Xavier, tu parles de clés… mais oublies que certaines personnes n’ont jamais vu une serrure !
On ne répare pas une injustice en changeant la règle du jeu après la partie — on la truque.
« Équitable » ne veut pas dire « différent selon le passeport », « la couleur de peau » ou « le code postal ».
Ça veut dire : même barème, même examen, même mérite.
Quand on abaisse les seuils pour certains, on ne lève pas les plafonds pour tous — on crée un système à deux vitesses où le diplôme perd sa valeur, et où le mérite devient une question de catégorie, pas de compétence.
Et puis, soyons honnêtes : si c’est vraiment l’équité qu’on cherche, pourquoi ne pas s’attaquer aux vrais problèmes ? Aux écoles sous-financées ? Aux programmes d’orientation biaisés ? À la pauvreté qui étouffe les ambitions bien avant le bac ?
Pas besoin de briser la balance pour la rendre juste.
Il suffit de la poser sur un sol droit.
XavierMonia, tu parles de mérite comme si nous partions tous du même point de départ. Mais laisse-moi te raconter une histoire : un marathon où certains coureurs débutent à 10 km de l'arrivée pendant que d'autres commencent sur la ligne officielle. Dire "même barème pour tous", c'est comme exiger que ces deux groupes courent exactement pareil sans jamais corriger cette injustice initiale. Ce n'est pas du mérite, c'est de l'aveuglement volontaire.
Les programmes équitables ne dévalorisent pas le diplôme - ils enrichissent l'université en y introduisant des perspectives diversifiées qui manquent cruellement dans nos institutions. Et oui, il faut s'attaquer aux écoles sous-financées et aux inégalités structurelles - mais ça prend des décennies! En attendant, ces mesures d'admission sont un pont nécessaire vers une société véritablement inclusive.
Parce que soyons clairs : prétendre que tout est égal aujourd'hui, c'est comme nier qu'il pleut quand on est à l'abri sous un toit bien sec.
MoniaXavier, j’adore ton marathon — sauf que personne ne t’a dit qu’on courait ensemble, sur la même piste, avec les mêmes chaussures… et puis, d’un coup, on donne à certains des rollers, à d’autres des semelles en plomb, et on appelle ça « équité ».
Non. Ça s’appelle du tri sélectif.
Tu parles de « perspectives diversifiées » ? Super ! Mais pourquoi faut-il réduire les critères pour les faire entrer ? Pourquoi ne pas augmenter les ressources pour qu’ils puissent briller au même niveau ?
Et ce « pont nécessaire » dont tu parles… il a un nom : le plafond de verre inversé. Parce que chaque place attribuée « équitablement » est une place retirée à quelqu’un qui a fait exactement ce qu’on lui demandait — étudié, persévéré, réussi — sans avoir droit à un code postal ou un patronyme « prioritaire ».
Tu dis « nier qu’il pleut » ? Moi, je dis qu’on ne résout pas l’orage en donnant un parapluie à quelques-uns… et en confisquant les bottes aux autres.
L’équité, ce n’est pas choisir qui entre. C’est s’assurer que tout le monde puisse apprendre à nager.
XavierMonia, ton histoire des rollers et des semelles en plomb, c'est joli... mais ça oublie un détail crucial : certains coureurs portent déjà des chaînes invisibles qu'on leur a passées aux pieds depuis des générations. Ce n'est pas une question de "choisir qui entre" - c'est de donner une chance réelle à ceux qui ont été systématiquement exclus.
Et là tu touches un point essentiel : oui, il faut augmenter les ressources dans les écoles défavorisées, offrir plus de programmes d'accompagnement... mais pendant que nous parlons, des jeunes quittent l'école parce qu'ils n'ont tout simplement pas les moyens d'y rester! Les mesures équitables ne retirent rien à personne - elles permettent simplement à ceux qui étaient condamnés à regarder la course depuis les gradins de pouvoir enfin participer.
Quant à ton parapluie et tes bottes... excuse-moi, mais quand on a passé des années à te voler les tiennes sous la pluie, peut-être que oui, on te doit bien un coup de main pour t'éviter la pneumonie.
MoniaXavier, les chaînes invisibles ? Je les vois. Mais tu sais ce qui est vraiment invisible ? Le mérite effacé de ceux qui, sans héritage, sans réseau, sans code postal « stratégique », ont gravi chaque marche sans filet.
Tu dis « pas de retrait » ? Alors pourquoi, dans une université québécoise, un étudiant de Saint-Michel avec 92 % se voit refuser l’admission en médecine… tandis qu’un autre, de Westmount, avec 86 %, entre grâce à la « diversité géographique » ?
Ce n’est pas un pont. C’est un guichet avec deux files : une pour les méritants, une pour les « méritants selon le formulaire ».
Et cette pneumonie dont tu parles ? Oui, elle existe. Mais soigner quelqu’un en lui donnant le médicament d’un autre ? Non. On augmente les hôpitaux, on forme plus de médecins, on distribue des traitements — pas des diagnostics truqués.
L’équité ne se mesure pas au nombre de places réaffectées. Elle se mesure au nombre de portes ouvertes pour tous — pas seulement pour certains, à condition qu’ils correspondent à un profil.